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" Swiss Murmeli expedition 2003" au Makalu n'est
pas une expédition commerciale. Elle est née de la volonté de
quelques alpinistes suisses désireux de réaliser leur rêve
sur l'une des plus belles montagnes du monde.
Le Makalu culmine à 8470 mètres et est le cinquième sommet
le plus haut de la planète.
Situé au Nord est du Népal, au cœur du parc national de
Makalu Barun, il domine une région très sauvage.
L'expédition se fait sans oxygène et sans porteurs d'altitude.
Nous vous proposons de suivre la vie de l'expédition jour après
jour sur panapic.
9 personnes partiront pour le camp de base du Makalu à 5400 m, mais
5 seulement tenteront le sommet.
3 camps d'altitude ont été prévus. Camp 1 à 6000
m, camp 2 à 6400 m et camp 3 à 7400 m.
Départ le 15 août depuis Genève pour Katmandou. Retour
le 14 septembre pour les "trekkers"
(avec un film pour notre collection "Montagnes de rêve") et
le 15 octobre pour les "himalaystes"
(avec un film sur leur expédition...)
L'équipe:
Les trekkeurs:
Olivier, Jean-Charles, Géraldine et Carole
Les alpinistes:
Daniel, Patrice, Fred, Emma, et Sébastien
Consultez le plan de l'expédition
ici.
L'expédition au jour le jour:
Camp de base, 4 oct. 2003
Dernier jour au camp de base. Dernier jour des Makalu news,
je suis un peu ému. Nous nous préparons à partir
et nos sacs se remplissent aussi vite que nos tentes se
vident. Les porteurs dorment ce soir au camp de base. Demain, "bed
tea" à 5h00
du matin. Kami est arrivé hier de Tashigon, il nous dit qu'il pleut
en bas et que les sangsues nous attendent bras ouverts.
Nous espérons
qu'il plaisante.
Dernier jour au pied du Makalu dans une lumière cristalline, tous
les détails de la face ouest se dessinent avec une netteté exceptionnelle.
Nous sommes allés ce matin au camp des Français, sur une épaule
en direction de la vallée où flottent des drapeaux de prières:
un balcon au dessus d'un désert de pierres et de glace d’où l'on
peut voir l'Everest, le Lhotse, le Lhotse Shar et bien sur le Makalu.
On devine en aval le "Hilary base camp" où nous passerons
demain matin, sans oublier de payer les nombreuses bières et les
quelques whisky que le "barman" du shop nous a aimablement acheminé au
camp de base et que nous avons goulûment descendu ce soir (sans
mauvais jeu de mot, c'était plus facile à descendre qu'à monter).
Cette expé a été pour chacun d'entre nous une expérience
inoubliable. Bien que nous repartions sans avoir atteint notre but ultime:
le sommet, les souvenirs et les paysages resterons à jamais ancrés
dans nos mémoires. Nous revenons enrichis d'une expérience
incroyable, tant montagnarde qu'humaine, mais plus que tout d'un amour
de la vie décuplé.
Swiss Murmeli expédition en chiffres:
16'000 m de dénivelé,
210 Km de marche,
35 de camp de base,
8470 m pour le sommet,
3 cuisiniers hors pair,
5 alpinistes,
30 Kg par portage,
46 Kg de viande de yak,
240 œufs,
400 heures passées dans la tente,
12 jours en altitude,
et 18 jour de repos à faire les Murmelis (marmottes)
Merci à Emma, Fred et Daniel et plus particulièrement à Patrice,
qui avec une patience infinie m'ont aidé, chaque jour ou presque, à envoyer
les messages et les photos sur Panapic.
Sébastien Devrient
P.S.: De cette aventure, deux films sortiront dans les
mois qui suivent notre retour. Si vous souhaitez avoir
des infos sur les dates de sortie ou acquérir l'un ou l'autre de ces films,
envoyez-nous votre adresse e-mail à contact@panapic.com.
Merci de votre fidélité et à bientôt sur panapic.
Vendredi 3 octotobre, Base Camp
Paresse au camp de base, ça sent la fin. Il fait de plus en plus
froid, jusqu'à -7°C le matin dans la tente. Le ciel est bleu,
le vent souffle très fort en altitude entre 8000 et 9000 mètres,
les lenticulaires s'accrochent aux sommets. Daniel et Fred hésitaient
hier soir: faire une dernière tentative en style alpin avec un
sac léger, mais ce matin ils ont renoncé, il faudrait un
peu plus de temps. Daniel est assez déçu. Le Makalu ne sera
définitivement pas pour cette fois.
Nous espérons que nous aurons du beau temps pour les 6 jours de
trek de retour. Ce matin, grâce à la prévoyance de
Patrice, nous avons pu graver les plus de 1000 photos numériques
prises lors de cette expé sur les CDs montés avec son ordinateur.
Les chocards ont envahis le camp, à croire qu'ils comprennent nos
discussions. En effet, dans la tente messe, nous ne parlons plus que de
plats, de restaurants ou nous nous réjouissons d'aller à Kathmandu.
Bref la bouffe, la bouffe, la bouffe, attention à la petite bedaine
d'après expé (nous avons quand même perdu quelques
kilos.).
Emma et Fred font des photos "Alerte à Makalu". Elle
pose pour Fred en maillot de bain rouge devant le Makalu, voilà une
fin d'expé sexy!!!
Mercredi 1 octobre, Camp de base
6h00, petit déjeuner et nous partons sacs vides pour une fois.
Nous nous arrêtons souvent, profitant du magnifique paysage. Le
temps est grandiose, pas un nuage. Ringi nous accompagne. Nous montons
déséquiper le camp 1. Il y a du vent, c'est peut-être
les jet-streams qui commencent. La mousson toucherait-elle à sa
fin? Il fait plus froid et les torrents qui sortent du glacier sont ridiculement
petits ce matin. Le soleil chauffe mais sur la langue glacière
que nous traversons à peau de phoque ce n'est plus la fournaise
habituelle. Cela fait un mois que nous sommes au camp de base, seuls avec
nos cuistots. Un mois, ça semble long mais le temps ici s'écoule
différemment.
Une certaine nostalgie s'empare de nous alors que
nous paquetons le camp 1. Les déchets brûlent et les vivres
sont laissés aux chocard himalayen. Emballages, boites de conserves,
piles, alu, etc. descendrons avec nous, nous ne laisserons aucune trace
de notre passage (on fait de notre mieux). Avec les restes de nos vivres
d'altitude nous pique-niquons, le Makalu en toile de fond (parfait, thon,
biscuits, mars, dar-vida, crisp-rolls, etc. ). Les sacs sont lourds pour
changer. Plus de 30 Kg. Péniblement nous les transportons jusqu'au
camp de base. Au passage nous déséquipons la corde fixe
que nous avions placée dans le passage en dalle. Ringi est bien
entendu déjà arrivé depuis longtemps quand enfin
nous posons nos sacs au camp de base. Le ciel est limpide et le Makalu
nous offre en ce moment même un magnifique spectacle de lumière
au coucher de soleil!
29 et 30 septembre, Base Camp
Le ciel s'est refermé sur le Makalu et le camp de base est sous
la neige. Nous avons profité de la seule fenêtre météo
qui nous était offerte pour tenter le sommet. Nous nous remettons
petit à petit, c'est agréable de se faire dorloter au camp
de base. Il ne nous reste qu'un jour de portage pour descendre le camp
1, nous le ferons demain s'il n'y a pas trop de neige. Kami est parti
hier matin à 4h00 pour Tashigon (premier village) pour chercher
les porteurs. Ils arrivent le 4 octobre et nous partirons le 5 octobre.
Il nous reste quelques jours pour ranger le camp de base: rassembler les
déchets, brûler les "incinérables", faire
nos sacs et finir les derniers bouquins qu'il nous reste.
Hier, nous nous sommes offerts une fondue, avec viande
séchée, saucissons, blanc, rouge et champagne, bonjour les
mélanges, c'était la "bamboule" au camp de base.
Si tout va bien nous serons le 11 octobre à Kathmandu.
Sommes-nous déçus de ne pas avoir été au sommet?
Chacun à sa manière retrace son ascension et se pose cette
question, mais on sent bien au fond de nous qu'à sa manière
la chance nous a souri.
Dimanche 28 septembre, Base Camp
A 7400m, départ hier soir à 18h00, magnifique lumière.
Les derniers rayons lèchent les plus hauts sommets, les 8000m sont éclairés.
Ils marchent sur le plateau au crépuscule, moment magique, un peu
irréel. Fred est à pied et Daniel à ski. Ils commencent à gravire
les 1000m qu'il reste jusqu'au sommet du Makalu. Ils font un pas puis
respirent une vingtaine de fois puis font un autre pas. La nuit tombe
vite. Au camp 2 les lampes frontales s'éteignent et la nuit commence,
mais dans nos esprits il y a Fred et Daniel. Nous savons qu'ils avancent
vers le sommet.
6h00, il fait jour, et il y a un énorme vent d'altitude. Depuis
le camp 2, je jette un coup d'oeil vers le sommet des nuage effilés
et sombre se jettent comme une vague gigantesque vers Makalu. Phénomène
fascinant, plein de violence. Mais où sont Fred et Daniel? Emma
et Patrice sortent de leurs tentes. Nous espérons qu'ils sont à l'abri.
Nous sommes inquiets. A 10h00 nous aurons un contact radio.
9h50 Deux points bien distinct marquent le pied du Makalu-La,
se sont eux, ils descendent. Le soulagement se lit sur nos visages. Question
: ont-il fait le sommet?
Au même moment sur la partie inférieure du glacier sous le
camp 2, deux autres points: c'est nos deux cuistos, Ringi et Kami. Quel
timing! Les deux cordées vont arriver au camp 2 presque en même
temps. Pour une fois, nous allons pouvoir leur crier "Tea ready" et
leur servir une tasse! Fred et Daniel sont à quelques virages du
camp. Daniel arrive penché sur ses bâtons.
- Alors, le sommet?
Il répond dans un souffle:
- Avalanche, on s'est fait paqueter.
Fred et Daniel avancent dans la nuit, ils tracent dans
des pentes à 35° en direction de séracs qu'ils ont repérés
le jour avant. Il y a beaucoup de neige et il a fallu tracer dans un carton
pénible, maintenant la neige est plus molle. Ils avancent bien,
il sont en forme et le sommet semble faisable, mais un bruit devant Daniel
les stoppes: une plaque à vent déclenchée à distance.
Ils se concertent. Daniel décide de laisser ses ski, trop dangereux
en cas d'avalanche. Ils continuent dans la nuit. Ils se relayent pendant
4 heures, faire la trace s'avère de plus en plus pénible.
Ils sont à 7700 m, il est 22h30, Fred prend le relais, il entend
un grondement en dessus de lui, vingt mètres plus loin il voit
un rouleau: une nouvelle avalanche. Il crie et commence a courir à droite
espérant sortir de la coulée. A bout de souffle l'avalanche
les frappe de plein fouet. De la neige dans la bouche, Fred tente de se
retourner. Daniel flotte dans la coulée, ils se voient, la coulée
ralentit. Ils pensent que l'avalanche va stopper mais une deuxième
vague les frappe.
Une chance extraordinaire, ils sont tout les deux assis
40 mètres plus bas dans la neige un peu choqués. Ils restent
là quelques minutes reprenant leurs esprits et leur souffle. Deux
warning c'est assez pour renoncer, la décision est prise de ne
pas pousser la chance trop loin. Ils rentrent à la tente, leurs
traces sont déjà recouvertes par la neige. Ils ont retrouvés
leurs bâtons et les skis de Daniel. "La tente, ce petit bout
de tissus dérisoire, nous sembla bien protecteur".
1h30, ils sont sains et sauf à l'abri au camp 3. Fred s'est endormi
en se réchauffant les pieds pendant que Daniel passait une nuit épouvantable
en toussant. Vers 9h30 ils entament leur descente.
Le Makalu ne sera pas pour cette fois mais nous sommes
tout au camp 2 sains et saufs.
Daniel et Fred sont exténués mais nous décidons de
démonter le camp 2. Avec la précieuse aide de Ringi et Kami
en deux heures tout est bouclé. Plus tard, après un dépôt
au camp 1, nous nous retrouvons au camp de base où Kami, malgré les
35 kg qu'il a porté du camp 2 au camp de base, nous sert comme
d'habitude le "juice ready". Tout le monde est fatigué et
content de se reposer à une altitude décente: camp de base
5400m.
Samedi 27 septembre, Camp 2
Je suis descendu dormir au camp 1 vers 19h30 hier soir.
Seul au camp 2, je me sentais mal: maux de tête toujours très
forts.
6h00 Je suis de retour au camp 2, impatient j'attends le
contact radio.
7h00 Ils ont passé une nuit difficile, mais tout le monde va bien.
Emma veut descendre, elle a mal à la tête. Patrice hésite:
quelques pas au-delà du camp le décide, il y a trop de neige
et cette nuit blanche glaciale ne l'a pas permis de récupérer,
il redescendra. Le camp 3 est situé à une cinquantaine de
mètres du col dans une petite dépression 10 m sous le plateau
glacière du Makalu. Depuis le camp on a cette superbe sensation
d'altitude. Fred et Daniel vont rester au camp 3 pour se refaire pendant
la journée.
10h00 Deux points descendent le Makalu-La, Emma et Patrice
rentrent au camp 2.
13h00 Marqués par l'effort, ils arrivent au camp 2. La neige est
carton, la descente à ski a été très difficile.
Nous pique-niquons en pensant à Fred et Daniel: peut-être
vont-ils réussir, nous leur donnons tout notre courage.
16h00 Contact radio: nos deux summiters sont en forme ils
ont pu récupérer, ils sont fin prêt, départ
18h00. Nous aurons des nouvelles au plus tôt demain 10h00.
Bon courage!!!
Vendredi 26 septembre, Camp 2
4h00, il fait beau, même s'il y a de temps autre des nappes de brouillards,
nous voyons les étoiles, il est temps de partir. Je suis encordé avec
Daniel, mais mon mal de tête ne me quitte pas bien que je me sois
envoyé des médics toutes la nuit. Décidément
l'altitude ne m'aime pas! Deux heures plus tard je dois renoncer. Avec
une boule dans le gorge je souhaite bon courage à mes compagnons.
Je redescends au camp 2 et peut-être devrais-je descendre au camp
1. Ils continuent ski aux pieds traçant une ligne parfaite dans
la face qui mène au couloir du Makalu-La. Puis il faut poser les
skis, la pente se redresse. L'ascension devient plus pénible, il
faut tracer dans une neige qui enfonce jusqu'aux mollets. 500 mètres
de couloir à 45° avec un passage à 50°. Les efforts
sont récompensés par un panorama grandiose: l'Everest et
le Lhotse sont à portée de main. Il y a quelques traces
de cordes fixes laissées par d'autres expéditions. Nous
avons quelques contacts radio, je les filme depuis le camp 2, la trace
semble verticale.
16h00, Emma, Fred, Patrice et Daniel atteignent le Makalu-La à 7400m.
Il y a du vent, les tentes sont vite montées et la nuit tombe.
Deux dans chaque tente ils se font à boire épuisés.
La montée a été éprouvante et la trace très
dure à faire. La nuit, recroquevillé dans la tente va être
longue. Il vente et fait un froid polaire.
Jeudi 25 septembre, Camp 2
6h00, nous partons du camp de base, les nuages ne savent
pas se qu'ils se veulent, ils semblent hésiter, se fermer ou
disparaître. Au camp des Autrichiens, le ciel se déchire,
ce sera du beau temps. Tout s'avère parfait, nous montons d'un
bon pas jusqu'au camp 1. Le temps de changer de sac et prendre quelques
affaires, nous poursuivons jusqu'au camp 2: il faut profiter de toute
les fenêtre de beau temps. La neige fond sur les réchauds
et les gourdes se remplissent. Le Makalu-La (7400m) domine le camp 2
et semble nous inviter. Il faut faire nos sacs pour partir demain matin.
Il fait chaud et le temps semble tenir bon. Nous ne prendrons pas de
sac de couchage pour la nuit à 7400m, trop lourd!, juste deux
tentes, nos combis duvets, chaussons duvets ainsi que trois réchauds
pour pouvoir boire.
17h00 Des pâtes et au lit.
Je me bourre de m édics, j'ai un début de mal de tête.
24 septembre, Base Camp
Ambiance morose au camp, il a neigé toute la nuit, petit déjeuner à 5h00
et encore un retour au lit. Une petite pellicule de neige recouvre le
camp, une odeur d'hiver flotte entre les tentes. Nous commençons à avoir
peur de ne pas avoir une fenêtre météo pour tenter
le sommet. L'attente s'avère longue. Notre moral s'effrite chaque
matin quand il faut aller se recoucher. Mais heureusement, tous les cinq
nous nous entendons bien, et nous passons de bons moments à discuter
et à jouer aux cartes. Il reste neuf jour pour tenter le sommet,
il y aura forcement une éclaircie d'ici là, croisons les
doigts.
23 septembre, Base Camp
Encore un faux départ! Ce matin à 5h00 il fait encore nuit
mais nous sentons le mauvais temps. Nous déjeunons et le jour ce
lève pour nous apporter une réponse: il fait mauvais. Nous
nous recouchons et il commence à neiger. Ce sera une autre journée
de repos au camp de base. Nous sommes tous plus ou moins content que la
météo nous offre une journée au camp de base. La
plupart de l'équipe n'étant pas au mieux de sa forme après
notre première tentative. Des nuages épais se sont abattus
sur le camp. Il n'y a pas de vent. Daniel, en pleine forme, piétine
et souhaiterait, d'un revers de manche, nettoyer le ciel et partir pour
le sommet. Fred et Emma ressemble à deux oiseaux amoureux dans
leur lit douillet, ils écoutent de la musique. Patrice silencieux
dans sa tente doit lire un des nombreux livres de notre bibliothèque à laquelle
il a largement contribué. Et pour ma part, après avoir fini
un de nos polar, je me suis mis a griffonner dans mon cahier. Nous ne
partirons pas aujourd'hui, peut-être demain.
12h30: Un jeune Népalais arrive au camp, il est porteur de courriers.
Une lettre pour Kami et un paquet de mini tempo avec une
lettre pour moi a l'intérieur daté du 8 septembre à Tumlingta
et signé de Carole. Incroyable: 15 jours pour que ce petit bout
de papier arrive au camp, traversant les 80 km de rizières, forêt
tropicale, torrents, moraines. C'est à peine croyable!
17h30: Le temps semble ce dégager, nous pensons partir demain!
Lundi 22 septembre, Camp de base
Il ne fait pas très beau, mais nous observons tous le ciel avec
attention pour tenter de deviner quel temps il fera demain ou dans quelque
heures, c'est très difficile de savoir. Nous avons des discussions
sans fin sur la méthode à suivre: partir quoi qu'il arrive
et espérer que le beau temps soit au rendez-vous ou attendre une
accalmie et partir en risquant d'être trop tard au camp 2.
Nous sommes indécis. Le temps qu'il fera demain matin nous orientera
avec la plus pure évidence, c'est souhaitable. Pour l'heure nous
préparons nos sacs au cas ou. Alors comme d'habitude si les news
ne sont pas régulières ces prochains jours c'est que nous
sommes partis pour une deuxi ème tentative alors pas d'inquiétude.
Dimanche 21 septembre, Camp de base
Le réveil au camp 2 est difficile.
07h00: Il neige toujours, les tentes sont trempées, heureusement
il ne fait pas trop froid. Nous attendons une accalmie pour pouvoir redescendre.
08h00: Il neige toujours, il y a du vent et on ne voit
pas a 10 mètres.
10h00: Nous décidons de partir malgré les mauvaises conditions
de visibilité. Il a neigé 30 cm, le brouillard est épais.
Mais comme par miracle au moment de nos premiers virages à ski,
le ciel se déchire et nous permet de profiter comme d'un cadeau
de cette retraite forcée: de la poudreuse, du soleil, le Makalu
derrière nous et tout ça à plus de 6000m. Nous sommes
les seul sur la montage, les premières et dernières trace
de la journée, quel luxe.
Le camp 1 est aussi sous la neige et nous dégageons les tentes
avant de repartir pour le camp de base.
Arrivé en bas nous apprenons que Ringi et Kami sont parti hier
pour rejoindre le camp 1 avant de continuer pour le camp 2 avec " d'excellentes
chaussures de trek " nous dit fièrement Ringi. C'est peut-être
eux qui devraient aller faire la photo du sommet.
Samedi 20 septembre, Camp 2, 6450m
Daniel et moi sommes partis plus tôt que les autres pour le camp
2, nous ne voulions pas marcher au soleil. Il y avait une barre noire
de nuage en direction du Barunsté (sud sud-ouest) mais la météo
semblait tenir. Il a beaucoup neigé au camp 2 et les tentes sont
ensevelies et il faut un peu les dégager. Vers midi, nous sommes
tous au camp 2 allongés sur les sacs en t-shirt. Nous nous préparons à manger
alors qu'un soleil de plomb s'abat sur nous et nous assommes véritablement.
La météo semble tenir. Le départ pour le Makalu-La
est donc fixé à 3h00 du matin.
3h00 du matin: Il ne fait pas trop froid, le ciel est étoilé et
l'équipe se prépare. Je les filme, j'ai encore des maux
de têtes infernaux, j'ai donc renoncé à partir avec
eux, la mort dans l'âme. Ils se préparent donc à gravir
les 1000m du Makalu-La, mais la lune est cachée derrière
les nuages et il commence à neiger. Les sacs sont prêt, les
ski aussi, il neige de plus en plus, le brouillard et le vent s'en mêlent
en un mot le mauvais temps s'abat sur le camp 2. La première tentative
s'arrêtera là. Toute l'équipe se recouche avec un
goût amer. Chacun sait qu'il va falloir probablement redescendre
au camp de base.
Vendredi 19 septembre, Camp 1, 6120m
Nous sommes enfin partis pour de bon et la chance nous
souris, il fait beau, grand beau peut-on dire: 14h30 le Makalu est toujours
au soleil. Ce matin nous sommes parti à 6h00, les cuistots nous
ont serré la main en signe de bonne chance. Les 700m de dénivelé qui
nous séparent du camp 1 se sont bien passé, très
chaud sur la langue glacière. Arrivée 11h00, les tentes
sont toujours en place mais les vivres de Patrice ne le sont plus! Les énormes
oiseaux, chocard à l'échelle himalayenne se sont servis
et ont absolument tout mangé: il ne lui reste plus rien. Pas
de problème nous avons monté assez de nourriture pour
plusieurs tentatives alors …
Maintenant nous sommes installé dans nos tentes les chaussons duvets
aux pieds. Nous nous sentons bien, les quelques jours passés au
camp de base ont été bénéfiques, ça
fait plaisir pas de maux de t ête même pour moi!
Jeudi 18 septembre, Base Camp
Nous préparons nos sacs pour partir une nouvelle fois en altitude
et faire une première tentative pour le sommet. Nos sacs sont nettement
moins lourds et le camp 1 nous semblera plus proche. La météo
est étrange et nous avons du mal a évaluer le temps qu'il
fera le jour suivant. Demain vers 5h00 du matin, s'il n'y a pas 50 cm
de neige, nous partirons pour le camp 1. Le lendemain pour le camp 2.
Si le temps le permet nous irons jusqu'au Makalu La que nous espérons
atteindre vers midi. Vers 8h00 du soir nous tenterons de gravir les 1000m
qui nous séparerons du sommet du Makalu.
Nous resterons
au minimum 4 jours en altitude peut-être plus si nous restons au
camp 1 ou 2 quelques jours de plus suivant la météo. Il
ne faut donc pas compter sur des news régulières ces prochains
jours. A notre retour bien sur nous mettrons le site a jour donc pas d'impatience
pour les news. Maintenant chacun se repose dans sa tente
en attendant
le "dinner ready". Après une petite averse de neige un
rayon de soleil réchauffe les tentes. Le camp de base est calme,
nous sommes prêts à partir.
Mercredi 17 septembre, Base Camp
Cinquième jour de repos au camp de base avant notre première
tentative. L'acclimatation devrait être bonne, il faut compter trois
semaines, donc autour du 20 sept, elle devrait être complète.
Voilà la journée type de repos au camp de base :
8h00 Kami nous réveille avec son traditionnel : "Bed tea!!!" Il
fait le tour des tentes et nous offre une tasse de thé que nous
buvons au fond de nos sacs de couchage en lisant.
8h45 " Breakfast ready !!!" il faut se lever et aller dans la
tente mess pour manger le petit déjeuner: chappattis, pancakes,
ouf.
Puis le reste de la matinée est consacré aux menues activités
de chacun: douche, lessive si la météo le permet, lecture,
sieste, écriture, musique, confortablement installés dans
nos tentes jusqu'au fameux: lunch ready!
Composé de pomme de terres
nouvelles que Naré a été chercher hier, de petits
pois, de saucisses et de cake. Nous mangeons jusqu'à 13h00. L'après-midi
commence alors: sieste, lecture ou jeux de cartes.
Vers 15h00 Patrice
et moi envoyons notre "Makalu News" quotidien si les satellites
sont avec nous.
Puis 15h30: "Tea ready" c'est notre en-cas de l'après-midi.
En général on se coupe un peu de viande séchée
ou de saucisson accompagné d'un morceau de notre demi meule de
Gruyère. Et très très vite, trop vite vient le " Diner
ready": l'indigestion nous guette mais nous faisons honneur au repas
de viande de yak épicée que nous a concocté notre
chef.
C'est ainsi que vers 19h00-19h30 (à part les jours de match
de yass) tout le monde est au lit.
Voilà, nous vivons au rythme du soleil et de notre estomac.
Mardi 16 septembre, Base Camp
Grand soleil ce matin. Le Makalu est un peu plâtré mais ça
fait du bien, les batteries se chargent: autant celles
de nos appareil photos que nos batteries corporelles. Hier
soir nous nous
sommes couchés
tard après une partie de carte enflammée : 9h00 du soir,
un record depuis trois semaines (demain nous publierons
le programme type d'une journée de repos). Le soleil chauffe et
comme prévu
c'est le jour de la lessive. Chacun à tour de rôle lave
son tas de linge sale. Culottes, chaussettes, slips et
t-shirts sèchent
maintenant sur les fils tendus autour du camp de base.
Encore quelques jours de repos, un créneau météo
favorable et nous partirons pour le sommet.
Lundi 15 septembre, Base Camp
Il fait mauvais, nous sommes chacun dans nos tentes, la
toile ondule de temps de temps, bercée par le vent. Il pleut,
puis il neige. Nous sommes confortablement installés dans nos
sacs de couchage. Nous sommes bien, mais notre lessive s'entasse et
il serai bon que le soleil revienne : peut-être que demain sera
un jour de grand nettoyage.
14 septembre, Base camp
Bonne nuit pour tout le monde. Chacun a l’impression de rentrer
chez lui avec ses affaires. Une impression de confort règne dans
ce désert minéral. Ce matin grande discussion sur la stratégie à adopter
pour le sommet.
Conclusion : nous partirons directement du camp 2 pour le sommet.
Nous monterons 3 tentes d’assaut (type tente pour deux sardines),
un peu de gaz, un peu de bouffe que nous déposerons au Makalu La
7400m où nous nous reposerons la journée avant de continuer
pour le sommet.
De cette façon si nous réussissons le sommet,
nous serons monté au Makalu La qu’une seule fois. Si nous
ne réussissons pas le sommet le camp 3 sera ainsi monté.
Nous redescendrons nous reposer quelques jours et retenterons une deuxième
et semble-t-il ultime fois le sommet. Croisons les doigts pour que nous
ayons une météo favorable, d’ici là il nous
faut nous reposer et attendre que notre corps finisse de s ’acclimater à l’altitude.
12 et 13 septembre, Base Camp
Hier Patrice et moi sommes montés au camp 1 pour rejoindre Emma,
Fred et Daniel qui se faisaient une journée de repos. Bonne montée!
Arrivée au camp 1 vers 12h. Il y a 2 tentes, une 2 places et une
3 places. Daniel s'est installé dans la tente 2 places que je partage
avec lui. Patrice dormira avec Emma et Fred.
Nous allumons les réchauds et préparons les pâtes
avant de passer l'après-midi dans les sacs de couchage un livre à la
main. Le temps semble changer et la nuit venant, le mauvais temps s'installe.
A 18h nous préparons le souper sous la neige, tout le monde est
en forme. Demain nous allons monter la dernière tente à 6500m...
Nuit difficile dans la tente 2 places, elle prend l'eau et nos sacs de
couchage sont mouillés. J'ai un mal de crâne terrible et
j'attends avec impatience le lendemain. Je crois qu'il faut malheureusement
que je redescende au camp de base. Décidément je ne m'acclimate
pas vite. Dehors au petit matin, il y a 20 cm de neige fraîche.
Les plans changent, il sera impossible d'aller au camp 3, trop de neige,
trop de danger d'avalanche. On change la tente 2 places (passoire) avec
une vraie North Face étanche installable sous la douche... Daniel
descendra avec moi afin de se refaire une santé au camp de base.
Emma, Fred et Patrice en pleine forme ce matin iront déposer la
dernière tente au camp 2. Ils doivent prendre pied sur la langue
glacière juste derrière le camp 1 et monter à peau
de phoque sur la glacier : passage entre les crevasses dans un cirque
gigantesque et splendide au pied du Makalu La 7400m. Le camp 2 se situe
juste sous un col à 6550 frontière entre la Chine et le
Népal, il est confortable et bien placé. Ce soir nous mangerons
tous ensemble au camp de base.
10 et 11 septembre, Base Camp
Nuit très claire avec la lune qui éclairait la face ouest
du Makalu. Nous (toute l’équipe) sommes partis le 10 au matin
vers 6h00 pour le camp 1. Bonne montée, temps parfait, soleil :
que demander de mieux, si ce n’est des sacs moins lourds. Dur dur,
mais nous y sommes tous arrivés et nous sentons que notre acclimatation
avance bien. Patrice et moi avons laissé les autres au camp 1 et
avons fait de belles courbes à ski dans la neige de printemps pour
rejoindre le camp de base. En arrivant nous avons eu un contact radio avec
le camp 1 : Emma, Fred et Daniel vont bien, pas de maux de tête!
Au menu pour eux; des pâtes et de la soupe, pour nous ça sera
un cool T-bone steak … je ne plaisante qu’à moitié.
Il a plus un peu hier soir comme tout les soirs.
Nuit agréable, bon repos.
Aujourd’hui (11 sept.) 12h00 précise nous avons eu un contact
radio avec le camp 1 : ils ont déjà monté deux
tentes à 6450m, les deux premières tentes du camp 2, encore
une tente et le camp deux sera complètement équipé.
Emma, Fred et Daniel ont estimé qu’il nous faudra environs
10h00 pour gravir les 1000m séparant le camp 2 du Makalu à 7400m
notre futur camp 3.
Il fait beau et chaud et nous préparons nos sacs pour rejoindre
les autres au camp 1. Nous resterons sans doute 3 ou 4 nuits alors il est
possible que les news soient un peu moins régulières ces
prochains temps.
8 et 9 septembre, Base Camp
Deux jours de repos avant de repartir pour un nouveau portage. Nos
sacs sont prêts. Nous irons tous les cinq au camp 1. Emma, Fred
et Daniel resteront 4 ou 5 jours en altitude. Patrice et moi descendrons
le jour même. Nous sommes en retard d'un portage dû a une
acclimatation moins rapide. Nous remontrons le vendredi et nous finirons
de monter les camps supérieurs (camp 2 6500m, camp 3 7400m) que
les autres auront commencé à installer. Nous sommes impatient
de connaître les conditions en altitude.
Camille le kitchen boy qui était parti dimanche pour ravitailler
le camp de base est arrivé hier avec un sac de 46 kg sur le dos.
Il a 'simplement' parcouru 2000m de dénivelé. Nous l'avons
accueillis et félicité comme il se doit. Camille avec sa
bonne humeur naturelle, sans une goutte de sueur a tranquillement transporté la
viande d'un jeune Yak fraîchement dépecé. Nous avons
maintenant 46 Kg de viande fraîche de Yak pour le reste de notre
séjour. Avec la viande séchée que nous avons emmené,
le camp ressemble à une véritable boucherie.
Dimanche 7 septembre, Base Camp
Départ à 5h30, dure journée de portage. Itinéraire
dans la moraine, gros blocs de rocher jusqu'à 5700m., camp de base
des Autrichiens. Le soleil nous réchauffe, nous slalomons dans les
rochers entre les pénitents de glace. Petit pas d'escalade en dalle
difficiles avec nos sacs lourds, Fred a laissé une corde que nous
finissons de fixer, le passage sera désormais plus facile.
Enfin nous atteignons la langue glacière où nous pouvons
mettre nos skis, il fait très chaud. Il n'y a pas de vent et nous
soufflons, l'altitude se fait sentir... Encore 100m dans des éboulis
et enfin nous atteignons le camp 1 à 6100m après 7h00 d'efforts.
Fred et Emma ont déjà monté une tente, nous en montons
une autre. Il faut faire un gros effort de terrassement pour aplanir les
lieux: une épaule au pied du plateau glacière qui nous mènera
au Makalu à 7400m. Cela nous prend 1h30 et Daniel malgré son
portage de 35 Kg semble très actif... Nous le surnommons le Yak.
Vers
14h30, il ne nous reste plus que les drapeaux de prières à suspendre
et nous redescendons. 2h30 plus tard nous sommes de retour au camp
de base exténués. Nous retrouvons Fred et Emma en pleine
forme après
leurs journée de repos.
Samedi 6 septembre, Base camp 5400m
Chaud,
chaud, chaud, il fait chaud aujourd'hui, ciel sans nuages pour la première fois. Le Makalu semble nous récompenser
des jours de marche sous la pluie.
Nous pensons aux trekkeurs qui ne
doivent être plus qu'à quelques jours de marche de Tumlingtar.
Ils doivent décoller pour Katmandu le 9 septembre.
Fred et Emma sont au camp 1 et doivent descendre vers 14h00 et
seront de retour vers 17h00, et ils pourront enfin se reposer. Patrice,
Daniel
et Seb prennent le relais des portages, les sac sont faits. Départ
demain 5h00 du matin.
Une
nouvelle fois les cuistos nous ont surpris. Ils sont incroyables !!! Tout
les jours le camp s'améliore grâce aux travaux de
terrassement qu'ils entreprennent pour notre petit confort ! Dans la même
lignée ils nous ont concocté un énorme gâteau
vanille et cerises confites! Moi je dis chapeau à 5400 m encore un
grand bravo...
Merci à notre super équipe de cuistos (de gauche à droite
sur la photo: Naré, Camille, Ringi).
Vendredi 5 septembre, Base camp 5400m
Journée de repos pour tout le monde.
Patrice et Seb ont decidé de faire leur
premier portage accompagné de Daniel. Fred et Emma se préparent à repartir demain
pour monter du matériel à 6100 (camp 1).
Les cuistos nous ont fait une surprise:
ils nous ont construit une véritable douche. Quatre murs avec des pierres de
la moraine pour nous protéger du vent. Vue sur le Makalu, de l'eau chaude: la
Makalu shower, on se sent propre...
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Jeudi 4 septembre, Base camp 5400m
Troisième jour au camp de base. Le Makalu nous dévoile son énorme
face ouest juste en dessus de nos têtes.
Le matin il fait en général beau et doux, la pluie et la
neige sont les gardiennes de nos nuits. Nous avons l'impression que la
mousson est en train de se terminer. Emma, Fred et Daniel sont partis ce
matin faire une reconnaissance jusqu'au camp 1 à 6000m. On vient
d'avoir un contact radio avec eux et il semblerait que les chutes de glace
ne posent pas trop de problèmes. La neige est dure sur le glacier
et ils vont tailler des courbes avec leurs ski freeride. Nous sommes au
repos au camp de base et on se fait dorloter par le cuisto et son équipe
(2 kitchen boys) restaurant 3 étoiles à 5400m...
Seb et Patrice
Jeudi 28 août, Varnu River
Nous sommes au 8e jour de marche. Nous avons atteint 3600m. d'altitude.
Nous marchons le long de la Varnu River, qui en fait est un gros
torrent qui descends des glaciers du Makalu.
Nous nous éloignons
de plus en plus des derniers villages. Il y a beaucoup de brume
et il pleut chaque nuit, mais le moral du groupe reste excellent.
Tous semblent s'être très bien adaptés aux conditions difficiles.
Demain nous montons à Mera et il n'y aura plus que deux jours de
marche jusqu'au camp de base.
Prochain message au camp de base.
Lundi 25 août, Tashigaun
Cinquième jour de marche. Nous sommes sorti de la zone Maoïste et
tout c'est bien passé. Ils nous ont beaucoup souris après nous
avoir pompé
un peu de notre fric. Nous sortons de la région subtropicale, les sangsues
ne nous attaquerons plus les pieds et les mollets.
La mousson ne nous quitte pas, il pleut, il pleut, il pleut... Demain nous entamons
sérieusement l'ascension, c'est fini de rigoler avec cette basse altitude.
Prochaine étape 3700 m, et dans 6 jours nous atteindrons le camp de base.
L'ambiance dans le groupe est au beau fixe, juste quelques petits problèmes
(chiasse et crève...) qui sont en voie de guérison.
Jeudi 21 août, Chichira
Depuis
aujourd'hui nous traversons une région dans laquelle on nous
a annoncé plusieurs groupes isolés de Maoïstes.
Notre sirdar nous a briefés hier soir. Appareils photo, camera,
et tout signe de richesse extérieur doivent être cachés.
Si nous rencontrons des Maoïstes ils risquent de nous demander
une "donation" pour leur cause. Autant dire du vol... Nous
devons dire que nous sommes des étudiants et que nous n'avons
pas d'argent.
Nous traversons en fait sans encombre des rizières en terrasses
pour atteindre un col entre soleil et brume. De l'autre côté c'est
la jungle dense à travers laquelle serpente une sente. Malgré son
aspect bout du monde, le chemin est très parcouru...
Le camp est monté, les tentes sont sèches et chacun
prend sa "douche" sous le robinet au milieu du village.
La tourista a encore frappé: Carole est seconde sur la liste.
Elle a passe une sale nuit sous la pluie, mais a marché toute
la journée avec courage...
Jeudi 21 août, Mane Bhanjyang
Départ
de Katmandou par avion dans un temps incertain, et atterrissage sans encombre à Tumlingtar.
Le vol traverse des rizières à flanc de coteau en volant
très très bas. Tumlingtar est un village de quelques dizaines
d'habitants ou est établi notre premier camp. La nuit est suffocante,
nous sommes à 400m d'altitude dans un climat tropical. Aujourd'hui
nous entamons notre premier jour de trek, dans ce climat saturé d'humidité.
Nous traversons des paysages apparemment sauvages, mais en fait parsemés
de villages et de cultures. Arrivée à Mane Bhanjyang en
cours d'après-midi, les tentes sont montées, le thé servi:
un luxe proche du néo-colonialisme. Un rêve pour une expé.
Tout le monde va bien: Seb nous a fait la première tourista, les
autres suivront bientôt...
18 août 2003, Kathmandu
Arrivés à Katmandou le 16 août, beau temps, la mousson
n'a pas encore frappé...
Les bagages sont au rendez-vous sauf le mien... comme par
hasard. La ville, un dépaysement total, une fourmilière
qui semble à première vue désorganisée, mais
les Népalais en font un endroit dans lequel il fait bon vivre,
un peuple accueillant et profondément gentil.
L'expédition se prépare et l'ambiance est très agréable,
tout le monde s'entend bien. Nous avons fait tous les achats dont nous
avions besoin. Et demain nous partons pour Tumlingtar en avion si la météo
le permet. Il pleut des trombes d'eau depuis plus de 24 heures, la mousson
est bien la. Nous commençons à marcher après demain
si tout va bien en espérant que les Maoïstes nous ficherons
la paix: ils sont en négociations de cesser le feu avec le gouvernement
népalais, depuis aujourd'hui.
Nous avons reçu le permis d'ascension du Makalu. Une séance
assez cérémonieuse avec les autorités népalaises
ou l'on nous a remis un précieux papier. Pour le moment tout va
bien...
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